01
Dessin
Tout commence à la gouache, sur papier calque : le volume est deviné avant d'être su. Le dessinateur note l'inclinaison du chaton, la profondeur du panier, la manière dont la lumière devra traverser une taille rose plutôt que la heurter.
L'ordre secret des choses
Nous ne cherchons pas à surprendre : nous cherchons à durer, ce qui demande infiniment plus de patience.
Une pierre n'est jamais un ornement ; elle est un fragment de temps minéral que le geste ne fait qu'accompagner.
Moins de soixante créations chaque année, chacune numérotée, chacune signée, aucune destinée à être répétée.
Créations disponibles à l'atelier, présentées sur rendez-vous. Chaque pièce porte son numéro et la main qui l'a sertie.
Or blanc, diamants taille rose
Pièce 03/12
Or fondu, saphirs cabochon
Pièce 07/09
Platine, diamant taille poire, serti clos
Pièce 01/06
Or jaune, tourmalines, chaton ciselé
Pièce 05/11
Or rose, grenat almandin, oxydes minéraux
Pièce 09/10
Atelier, 24 rue de la Paix
Les pièces non présentées ici sont visibles au cabinet, sur demande écrite.
Or gris, onyx, diamants taille ancienne
Pièce 02/08
Une pièce — Pièce 01/06
Dessinée un hiver, reprise trois fois, abandonnée puis retrouvée : la bague tient son nom d'un théologien qui préférait les questions aux réponses.
Le diamant taille poire y repose en serti clos, sans griffe visible, comme posé sur l'eau. Le platine a été volontairement laissé mat afin que rien ne dispute à la pierre son unique éclat.
01
Tout commence à la gouache, sur papier calque : le volume est deviné avant d'être su. Le dessinateur note l'inclinaison du chaton, la profondeur du panier, la manière dont la lumière devra traverser une taille rose plutôt que la heurter.
02
La cire est sculptée à la spatule chaude, puis noyée dans le plâtre réfractaire. L'or fondu prend la place de ce qui a disparu ; il ne reste du modèle que son absence exacte, ce que les anciens appelaient la mémoire du métal.
03
Le sertisseur travaille à la loupe, à trois dixièmes de millimètre. Serti clos pour les cabochons, grains repoussés pour les pierres claires, griffes amincies jusqu'au fil pour qu'une taille poire semble tenue par rien.
04
Au feutre, à la pâte, puis au brunissoir d'agate. Le poli n'ajoute rien : il retire, patiemment, jusqu'à ce que la surface cesse de raconter le geste et ne raconte plus que la pierre.
L'atelier
Étienne Aldébaran, gemmologue formé à Anvers, ouvre en 1962 deux pièces au premier étage du 24 rue de la Paix. L'établi n'a pas changé de place depuis ; les loupes, elles, ont été remplacées deux fois.
L'atelier reçoit peu, et toujours sur rendez-vous : la lumière du matin est réservée au sertissage, celle de l'après-midi aux visiteurs.
« Une maison qui a fait du silence une matière première, et de la retenue une signature reconnaissable entre mille. »
« Chez Aldébaran, la pierre n'est jamais démontrée : elle est posée, comme une phrase juste que l'on n'aurait pas besoin de répéter. »
« Moins de soixante créations par an, aucune vente en ligne : une rareté administrée avec une constance presque monastique. »
Nous répondons à chaque lettre, dans l'ordre de leur arrivée.